«Chirurgie au couteau en Ouganda»

Le légendaire Swiss Army Knife satisfait aux exigences de qualité les plus élevées, même sur le plan médical. Un cas d'école qui s'est passé en Afrique noire le démontre d'une manière très spectaculaire. Datée du 18 septembre 1991, une lettre du Professeur John Ross, un médecin canadien qui s'occupait du perfectionnement de médecins indigènes dans une région campagnarde en Ouganda, est parvenue à la coutellerie Elsener. Peu après son arrivée, on lui avait volé sa scie de chirurgie. Il ne lui restait que le couteau d'armée suisse pour procéder à des amputations de bras et de jambes.

Ici, la lettre du chirurgien in extenso: «J'ai commencé à travailler ici il y a deux ans. Je consacre une partie de mon temps à la construction d'un hôpital dans une petite localité du nom de Torono. Elle se trouve à proximité de la frontière kenyane, à environ 300 km de Kampala, la capitale de l'Ouganda.

Pour exercer mon art, j'avais apporté avec moi un bon équipement d'instruments chirurgicaux, parmi ces derniers une excellent scie de chirurgie pour procéder aux amputations. Ici, on a besoin d'un tel instrument car il y a beaucoup de blessures telles que des plaies dues à a des coups de feu, blessures qui se terminent par l'amputation d'un bras ou d'une jambe.
Peu après mon arrivée, ma scie de chirurgie m'a été volée. J'ai donc mis à bouillir le couteau d'armée suisse que j'ai toujours avec moi pour le stériliser. J'ai décidé d'utiliser à l'avenir la scie du couteau pour remplacer la scie d'amputation.

Une grande perplexité régnait parmi les nombreux spectateurs. Le gardien accouru ne savait que faire, car l'équipement idoine pour aider à la mise bas faisait défaut. Ce fut le grand moment de mon beau-frère, qui entra alors en scène avec son couteau de survie. Avec la rapidité de l'éclair, il fit apparaître une ficelle de nylon et le couteau suisse miracle, puis se mit au travail avec le gardien. Ce dernier attacha le placenta avec la ficelle de nylon et d'un rapide coup de couteau le détacha sans coup férir.

Les spectateurs étaient enthousiasmés. Le poulain se dressa sur ses jambes et se mit à trotter vers sa mère, même si sa démarche était encore quelque peu vacillante. En résumant les événements auxquels nous avions assisté, on peut encore ajouter qu'aucun de nos compagnons de voyage ne s'est plus permis de sourire des prédispositions d'éclaireur et des instincts ludiques de mon beau-frère, lequel était en train de nettoyer son couteau avant de le ranger.»
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